En un an, la consommation d'encre peut revenir aussi cher que l'imprimante. Les cartouches des grandes marques sont concurrencées par des modèles compatibles, beaucoup plus abordables. C'est la seule solution pour réduire l'addition. Et, tests à l'appui, la qualité n'est pas toujours du côté où on l'attendait.
Une bouteille de Château Yquem année 1975, voilà ce qu'on peut s'offrir pour le prix... d'un litre d'encre, soit environ 4 000 francs ! Prohibitif, le prix des cartouches pour imprimante jet d'encre ? Le calcul est vite fait. Sachant qu'un jeu de deux cartouches est nécessaire pour imprimer en couleur, que plus de la moitié des utilisateurs en changent chaque trimestre, que le prix moyen d'une cartouche de marque est estimé à 162 francs, la facture annuelle grimpe à 1296 francs... C'est plus que le prix moyen d'une imprimante (1124 francs en 1999). Imaginez l'état de votre compte en banque si votre approvisionnement annuel en essence vous coûtait le prix de la voiture !
Heureusement, il est possible de trouver des cartouches d'encre deux fois moins chères en moyenne, commercialisées par des fabricants concurrents des constructeurs d'imprimantes. A ce prix-là, la qualité est-elle au rendez-vous ? « Impossible ! », prétendent Epson, Canon et Hewlett-Packard, les trois poids lourds de l'impression. « Elles ne répondent pas à nos critères de qualité et de fiabilité. » « Les choisir, c'est prendre le risque de détériorer la tête d'impression qui finit par se boucher », insiste-t-on aussi du côté d'Epson. Info ou intox ?
Réaliser des économies
Pour en avoir le coeur net, notre laboratoire a comparé ces cartouches compatibles à celles proposées par les constructeurs. Le verdict est éloquent : chacune des imprimantes a réalisé en moyenne plus de 5 000 impressions sans rencontrer de problème particulier.
Certes, il a fallu nettoyer les têtes d'impression chaque fois qu'on a installé une nouvelle cartouche... mais exactement comme on doit le faire pour une cartouche de marque.
Pour chaque imprimante, il est donc possible de réaliser des économies en optant pour certains modèles de cartouches compatibles. Avec la Stylus Color 660, par exemple, associer la cartouche noire Kores à la cartouche couleur Uprint permet de diviser par trois le coût à la page obtenu avec les cartouches d'origine, cela sans que leur qualité ait quoi que ce soit à envier aux cartouches du fabricant d'imprimantes ! Sur la Stylus Color 760, la cartouche du fabricant Jet Tec rivalise avec celle d'Epson pour l'encre noire.
Et, sans atteindre la même qualité d'impression que celle obtenue avec la cartouche couleur Epson, Kores et Saver offrent des coûts à la page beaucoup plus intéressants.
D'autre part, si le choix de cartouches compatibles s'est révélé relativement plus limité quand il s'agissait de remplacer les cartouches de marque Hewlett-Packard et Canon, cela s'explique par les choix technologiques de ces deux constructeurs.
Choix limité pour cartouche soudée
Les fabricants de cartouches compatibles ne maîtrisent pas la conception des têtes d'impression. Ils réalisent seulement des recharges pour les imprimantes dont le réservoir à encre et la tête d'impression sont dissociés. Or, si toutes les imprimantes de marque Epson et la majorité des Canon sont construites sur ce modèle, les imprimantes HP ont leur tête d'impression soudée à la cartouche, ce qui rend sa reproduction plus ardue. De plus, HP a pris la précaution de déposer un brevet pour la plupart de ses têtes d'impression ; toute tentative de copie se verrait donc assimilée à de la contrefaçon !
Pourtant, quelques fabricants revendent des cartouches HP. Comment font-ils ? Ils récupèrent les modèles d'origine après utilisation en les achetant auprès de sociétés qui les collectent et les retraitent : les têtes d'impression sont purgées et de l'encre est réinjectée. Les composants situés à l'intérieur de la cartouche sont éventuellement nettoyés mais ne sont pas changés.
La copie, meilleure que l'originale
Il ne reste plus qu'à décoller l'étiquette HP pour la remplacer par une autre, avant de les remettre en rayon. Si aucune cartouche retraitée ne surpasse celle de la marque en qualité, nos tests montrent toutefois que la plupart s'en approchent ou l'égalent. Et bien que ces cartouches ne soient pas bon marché - certaines coûtent plus cher que l'originale ! - le coût à la page est bien plus économique.
Nos tests, sur les imprimantes HP Deskjet 710 C et HP DeskJet 815 C, font apparaître des différences d'autonomie de plus de 200 pages entre les cartouches HP et celles, retraitées, de la marque X-Fill.
Quant à Canon, ses cartouches diffèrent selon les modèles d'imprimantes. Sur la BJC 2000, la tête d'impression est séparée de la recharge. On trouve donc des recharges compatibles. Et ce sont les cartouches Xerox qui se distinguent en offrant une qualité d'impression nettement supérieure à celle des cartouches Canon... pour un coût à la page trois fois inférieur !
Sur la BJC 1000, en revanche, la tête d'impression est attachée à la cartouche, et la plupart des fabricants retraitent les cartouches qui ont déjà servi. Armor se livre à un processus plus complexe qui lui permet de séparer la tête d'impression de la réserve d'encre. Un système grâce auquel il peut fournir des documents de qualité légèrement supérieure à celle de la cartouche d'origine.
Canon, HP et Epson ne sortent pas vraiment grandis de ce comparatif.
Stéphane Barge
